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 Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls

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MessageSujet: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Dim 13 Juil - 12:44


Liza Korchkov
feat Emmy Rossum | ©Crédit

« " va t'faire foutre merde.. qui a monté toute cette affaire ? moi ! c'est tout.. en qui ai-je confiance ? moi ! [..] » tony montana, scarface.



mon identité mon caractère

Nom : Korchkov (il faut bien rrrrouler le r.)Prénom(s) : Liza, court, efficace, d'après mes parents. Âge : vingt-six ans Date & Lieu de naissance : 6 janvier 1998 Omsk Nationalité : Russe Statut : Célibataire Orientation Sexuelle : Hétéro Profession : je profite de la générosité de mon cher mari..haha. Groupe : alpha


C'est marrant d'avoir à se décrire, quand on sait que tout le monde s'en branle là d'où je viens. Mais je vais le faire parce que je m'aime bien. Disons que je me tiens en bonne estime. Je m'habille avec soin, prends mon temps pour me coiffer..je ne veux pas être n'importe qui. Quand on me voit, quand on me parle, on m'imagine, à bien des égards, comme une parfaite citoyenne. Même si mon franc-parlé n'a rien de soutenu, et que je suis loin de la femme délicate, je semble correcte. Je paie mes impôts, je suis même mariée à Vladiv -(une humble histoire de paperasses, j'avais besoin d'un logement, il avait besoin d'une nationalité russe), parfois, il arrive que j'affiche un ravissant sourire à mon facteur. Pourquoi ? Par bénéfice. Les gens qui m'entourent m’apparaissent comme des objets, utiles, mais pas indispensables. Peu importe qu'ils soient russes, bosniaques ou américains, peu importe qu'il s'agisse d'alpha, d'omega, de sans pouvoir, ils sont tous insignifiants à mes yeux. Lorsque je regarde la foule des passants, j'imagine un banc de poissons dans une mer trop belle pour être appréciée. Ils sont réglés par le passage des courants, rêvant d'argent, de maisons, de famille..ou encore, pour quelques connards bien placés, d'un pouvoir qu'ils finiront tôt ou tard par perdre. Moi, j'aspire à ressentir. Je veux l'extrême sensation, la chose qui me fera prendre un pied d'enfer. Chair à canon parmi d'autres chairs qui se dandinent, j'espère être de celle qui ingurgitera le plus de bons moments. Mon ancien psychiatre disait que je souffrais d'une dissociation de la réalité, tout ça parce que je ne suis pas les codes de la société dans laquelle on vit. Vse fignya, pourquoi les suivre, tous ces gens, ces politiciens, ces pseudos combattants.. ils finiront tôt ou tard par retourner dans la tombe. Sinon, je suis très gourmande, mais j'essaie de pas trop me goinfrer, quand t'es gros et gras c'est chiant pour évoluer au dehors, je veux dire littéralement parlant : courir, sauter par dessus une barrière, ce genre de choses qu'on fait quand quelqu'un nous poursuit. Je suis très ouverte d'esprit, m'essayant à toute sorte d'activité, histoire de pas finir ignorante (comme d'autres.) J'ai déjà essayé le saut en parachute, la plongée, l'orgie ou encore le meurtre. Y'a bien que ce dernier qui m'ait vraiment fait tripper. Je suis pas très adepte de la 'théorie', dans son ensemble : lire, s'instruire, ça me fait chier. J'adore les chiens, parce qu'ils sont fidèles et parfois plus censés que les humains (optique de vie: apprécier la journée et ses bons moments, sans projet-à-la-con, rester pépère, savourer sa nourriture, bref.) Je me sens pas très impliquée dans la vie d'autrui, et je suis directe et franche. Je ressens très peu d'empathie, ou de compassion et quand c'est le cas ça me fout littéralement mal à l'aise parce que j'aime pas ce que je ressens. Je n'ai jamais aimé, que cela soit mes parents, des 'amis' ou des amants. Aimer, c'est éphémère, surfait, et trop difficile à supporter. Mon existence tourne autour du fait que je vais disparaître un jour, ça me hante, me possède, j'aimerais décider si je veux mourir ou non, pouvoir garder le privilège d'être vivante pour toujours, m’enivrer à jamais de pures moments d'intensité. Mais y'avait pas de pouvoir d'immortalité dans la loterie.



□ Personne ne se retrouve à Moscou par hasard, encore moins aujourd'hui. Raconte-moi, comment es-tu arrivé ici ?

Sur un linge blanc, étant bébé, j'ai reçu une fessée, j'me suis mise à chialer, j'étais née...russe.

□ Comment as-tu été infecté ? Si tu ne l'es pas, as-tu peur que cela t'arrive un jour, ou au contraire as-tu envie de te transformer ?

A l'intérieur d'une large pièce aux murs tout blanc, où s'activait mister sourire bienveillant dont le visage ne me quitte plus. Et puis moi sur le très large fauteuil. J'étais maintenue par des sangles..sans ce détail, et sans le décor, j'aurais pu m'imaginer aux Bahamas...vous savez, la chaise longue, vous, allongé dessus, transpirant, le bruit houleux que l'on croit presque entendre lorsqu'on voit le liquide flotter... dans la seringue qu'il tenait....sunshine

□ Quels sont tes pouvoirs ? Comment les as-tu découverts ? Si tu n'en as pas, quels pouvoirs aimerais-tu posséder ?


Je crois que le reveil est bien plus affreux que l'état végétatif. Je veux parler d'après mon expérience, lorsque j'ai souhaité mourir pour le simple fait de ne plus rien ressentir...Parce que, entre nous, on sait tous qu'on va crever un jour. J'étais la première à me dire, que c'est la vie, qu'on est née pour mourir, que j'avais pas peur. Mais dans le brouillard précédent ma prise de conscience, au fond d'une cellule où s'entassait des gens censés être morts, je me suis rendue compte qu'avant mon réveil, il n'y avait rien eu. Même pas un petit souvenir bancal de St Barthélemy ou un foutu tunnel avec une lumière blanche que j'ai pas pu atteindre. Non, rien.  Il n'y a rien une fois mort mes loulous, que dalle, juste un tas d'os enroulé dans de la chair qui pourrit : quelque chose qui se fait bouffer, mais qui avant cela était celui qui bouffait, et baisait, et riait, et aimait. Vous allez me dire 'mais Liza, t'étais pas vraiment morte tu sais, t'étais juste une chose qui incubait avant de se réveiller.' J'y crois pas. J'étais morte, et je suis revenue à la vie... A mon réveil , j'ai pris conscience que j'avais un pouvoir. Comment? Je l'ai senti, à travers mes mains, mes doigts qui s'agitent, comme un réflexe, une chose qu'on ne contrôle pas. D'ailleurs je n'ai strictement rien contrôlé. J'ai fait exploser la porte de ma geôle en même temps que le garde. BOUM, de la chair qui vole, des débris de porte; et plein de petits jésus qui couraient.

□ Tu détiens le pouvoir de retourner dans le passé et d'y changer une chose, une seule, qu'est-ce que ce serait ?

C'est très philosophique comme concept, trop pour moi. J'aspire pas à changer quelque chose de mon passé, il fait partie intrinsèque de ce que je suis devenue aujourd'hui.



□ Quelle est ta plus grande peur ? La chose qui dresse tous les poils de ton corps, la chose qui te fait dégouliner à en inonder le planché ?

La fin de tous mes souvenirs, mes moments de joie, mes sensations exquises : la mort.

□ Tu as une dernière chose à m'avouer ? Une petite confession ? Une petite anecdote croustillante sur ta vie ? Rassures toi, avec moi tes secrets sont bien gardés.

J'fais de l'aérophagie quand je mange trop de petits sablés.



Derrière l'écran

Pseudo : euh.. Prénom : ici Âge : majeure, pas toutafé vaccinée je crois.. Région : ici Où avez-vous trouvé le forum ? : un top site Vos avis dessus ? : il est chouette, manque un peu d'activité apparemment  mais ça viendra je pense..en fait c'est surtout l'annonce du forum en mode 'beta' qui m'a fait croire qu'il était pas encore open mais en construction. Fréquence de connexion : je bouge beaucoup, j'ai toujours beaucoup bougé, je tiens rarement en place haha Mais j'adore écrire donc normalement ça devrait allerNiveau de rp : y'a un niveau de rp ? je sais pas, ça fait 9 ans que je rp je crois...mais j'ai jamais évalué mon niveau, si puisse-t-il en avoir un. Personnage inventé ou Scénario ? :inventé As-tu pris connaissance du règlement et t'engages-tu à le respecter ? ui Un dernier mot ? : bisous!



Dernière édition par Liza Korchkov le Ven 1 Aoû - 20:38, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Dim 13 Juil - 13:11

история

On dit que la vie nous forge. Que l'éducation est un crédo, le destin une idée reçue. Je ne voudrais pas ébranler cette conclusion..après tout qui suis-je, si ce n'est une femme assise sur le banc des accusés?

Liza Korchkov, pour le chef d'accusation de meurtre avec préméditation, le tribunal de Russie vous déclare....coupable.

Murmures dans les bancs, plusieurs sourires se dessinent sur les lèvres, une vague de soulagement soulève l'assistance..et me recouvre toute entière. Je suis pâle. Mes cheveux gras tombent tristement de chaque côté de mon visage agité de tics. Entendre la sentence rend cette dernière plus réelle que jamais, et je dois dire que...mon cerveau a du mal l'accepter. Je voudrais continuer à me tenir droite, apparaître fière et courageuse devant la justice, mais mes jambes me lâchent. Je n'ai d'autre choix que de tomber lamentablement sur la chaise qui m'eut été assignée. Personne ne me demande de me relever, je crois qu'ils s'en branlent tous. Le juge, même les policiers chargés de ma surveillance à l'arrière de ce vieil hublot  où je gis.

"...de la peine capitale."

La fin de sa phrase m'arrache à mon état.
Que ?...
Mon visage se relève instinctivement en direction du juge. J'ai les yeux écarquillés, je ne pipe pas un mot...seul mon coeur, dont le raté vient d’accélérer le rythme, fait écho à mes oreilles.
Ai-je mal entendue ? Est-ce que.....?
Je pensais être enfermée à perpétuité dans une prison russe, je ne croyais pas...je....la peine capitale ?
-coup d'oeil en direction de l'assemblée qui s'est exclamée à l'annonce du verdict. Une femme enlace son voisin, et le représentant de la défense serre une main que je ne connais que trop bien. Je les regarde frénétiquement derrière ma cage. Non..non non non c'est impossible!
Une poigne vient se resserrer autour de mon bras. Le flic. Je fais un bond hors de ma chaise, m'extraie à son emprise.

"non..je..qu'on ne me touche pas!" sifflé-je en pointant mon doigt menaçant vers lui, dans la mesure du possible, entravée par mes menottes trop serrées.. Mon visage est  transformé, aliéné. Je transpire, j'ai l'impression d'être à fleur de peau, je peux sentir la pointe de mes cheveux coller contre ma nuque...et ça me brûle, tout comme le regard des gens qui, manifestement, ont fini par se rappeler que j'existais. Mais on ne me laisse pas le temps de me défendre. Déjà tous ont les mains sur moi..ils me touchent. Ils me touchent. Je me débats, hurle à la mort, tente de foutre des coups de pieds à la vitre.

"Non NON vous n'avez pas le droit! Lâchez moi, LACHEZ MOI ESPECES DE.."

BAM. Une lourde  matraque s’abat derrière mon genou. Je m'agenouille au sol, le souffle coupé : et me retrouve alors traînée au dehors du tribunal. Parmi l’assistance, j'ai le temps d'apercevoir une dernière fois le regard horrifié des membres de la défense : dont celui de mon père, avant que la large porte ne se referme dans un lourd fracas.


- - -  - - - -

Je ne crois pas en l'immuabilité du comportement d'un enfant, croyez moi...seulement, je n'ai plus d'autre choix. -ajustant ses lunettes, il tend un papier devant lui, lisant les longues lignes- "Dégradation de matériel, jeux portant atteinte à la sécurité des élèves, phrases déplacées durant les salles de classe..et dorénavant, cet incident."

Il pose ses mains sur la table,  joignant lentement ses doigts.

Il est possible que vous vous y preniez mal, ou que vous ayez quelques difficultés à vous occuper de votre enfant, ce que je conçois parfaitement mais....voyez, Madame..Monsieur Korchhkov, je ne peux pas me permettre de parfaire son éducation, ceci n'est pas mon rôle.

Ma mère affiche une moue déconfite, les traits de mon père sont sévères. Assise au centre, sur la plus petite des chaises, je fixe le bureau du directeur de l'école dans l'espoir de me faire oublier.
Le directeur soupire, se frotte les yeux avec lassitude avant de donner la feuille à mes parents.

"Je suis navré, mais à moins qu'elle ne change de comportement dans l'avenir, je me vois dans l'obligation de la retirer de notre programme scolaire."

Tous les yeux sont finalement tournés vers moi. Je les ignore tant bien que mal..après tout, n'est-ce pas ce que je sais faire de mieux ? ignorer le ressenti des autres.

La main de mon père signe le papier, celle de ma mère attrape la mienne et me force à me lever. Nous quittons les locaux de l'école dans un parfait silence. Je n'entends que le bruit de nos pas sur le sol, et celui de la pluie qui tombe sur la cour .


- - - - - - - - - - -

Aujourd'hui n'a pas été une bonne journée pour moi. En effet, après le déménagement de mes parents pour la ville de Moscou, idée eut été prise de m'envoyer voir un psychologue. L'école de correction n'avait rien donné, pas plus que l'éducation de grand-mère à Nordvik et cette énième inscription dans une école privée risquait encore de se solder par un renvoie. J'étais ce qu'on appelait : "une enfant difficile" : le mystère résidait dans le fait que mon éducation eut été irréprochable. Mon père était un russe patriote aviateur pour la Voyska PVO, ma mère une femme au foyer qui ne m'avait jamais gâtée (pourtant, dieu sait qu'on brassait pas mal d'argent!). Néanmoins, ils avaient toujours fait de leur mieux pour m'offrir le meilleur, et je n'avais 'apparemment' pas été sensible à leurs efforts. Je ne m'étais jamais considérée comme 'en marge de la société' ou 'anormale'. J'étais juste fidèle à moi-même..voilà pourquoi, assise face à mon psychologue, je me contente de mâcher ostensiblement mon chewing-gum à la manière d'un gros ruminant. Cela n'empêche pas l'homme assis en face de moi de déjà noter sur son calepin. Lorsqu'il eut fini, il m'adressa un sourire...que je ne lui rendis pas.

"Alors, Liza...c'est bien ça ? Atypique prénom pour une russe." Il émet un petit rire joyeux, avant de décroiser les jambes et de se pencher vers moi. Je le regarde, surprise.

"Qu'est-ce qui vous rend de si bonne humeur?" Je ne peux m'empêcher de lui poser cette question. Parmi les gens que j'avais côtoyé, il était bien le premier s'amuser de ma présence.

"Eh bien" il se lève alors brusquement tel un ressort, ce qui me fait sursauter, et se dirige vers une petite étagère pour y sortir deux tasses de thé en porcelaine blanche. "Ton dossier a piqué ma curiosité. J'ai l'habitude de traiter des jeunes....mmh, qu'on dit être en difficulté, des têtes brûlées en réalité, des adolescents mal dans leur peau. Faute à une éducation maladroite ou bafouée" -il se met à remplir les tasses à mesure qu'il parle- "d'autres  ont de véritables complexes, phobies ou obsessions que même certains spécialistes ont du mal à détecter. Mais toi... "-et il se retourne, me regarde et un large sourire étire son visage émacié - "tu es la première personne dont je ne trouve aucun antécédent familial, ou difficulté sociale."

Il s'approche de moi et me tend la tasse de thé sans même savoir, au préalable, si j'en voulais. Je la saisis avec des yeux ronds...ai-je déjà dit qu'il m'intriguait?

"Tu ne m'as pas l'air trop cinglée, tu as été bien suivie par ta famille....sans être surprotégée ou trop sollicitée! Et pourtant tu te retrouves dans mon cabinet."

Il se rassoit lentement, la tasse à la main. Sa bonne humeur constante commence à m’exaspérer un peu.

"Je ne suis pas cinglée, vous savez." dis-je entre mes dents.

Il glousse, boit une gorgée, mais ne relève pas ma phrase.

- - - - - - - - - - - -

Il n'est pas psychologue, mais psychiatre. Il me dit qu'il a une grande différence, mais je n'en vois aucune. Il me conseille d'écrire ce que je fais de mes journées, d'essayer de noter ce que je ressens, je ne l'ai pas fait. Tout ceci est complètement débile. Malgré tout...je ne peux pas m'empêcher de lui parler à chaque visite, et de répondre à ses questions. Il me trouve intrigante et ça me flatte. Il semble être le seul à comprendre que je n'ai rien à voir avec le monde qui m'entoure, que je me soucie pas des tracas humains.
Pendant les repas, je me remémore nos discussions, parfois je souris en silence..cela surprend mon père et ma mère.
Il est persuadé que l'être humain devient ce qu'il est, et qu'il ne naît pas ainsi..il cherche à comprendre pourquoi je suis différente. Il ne comprend pas.
Parfois, comme ici, on ne parle pas. On se regarde seulement. Il gratte sa barbe naissante, fronce des sourcils, et ne me quitte pas des yeux. C'est atypique, c'est distrayant, j'ai le sentiment de m'amuser un peu à vivre des expériences : une sorte de jeu qui consiste à laisser entrevoir le caractère de chacun, sonder une personne.
Subitement, il me pose une question :

"Tu te souviens de ce corbeau que tu as présenté à tes camarades?"

Je ne lui ai jamais parlé de cette anecdote, je présume que mes parents ont du s'en charger...ou bien c'était aussi noté dans mon dossier. Je baille, me redresse un peu.

"Oui, j'étais en période primaire..." dis-je, un peu lasse. Mes yeux se baladent sur les murs décorés de tableaux. Un plante se trouve dans le coin de la pièce. La lumière qui passe à travers la fenêtre est douce, elle me berce presque.

"Était-ce toi qui l'avais tué ?"

Léger rictus, je réponds sans le regarder.

"Non, je l'ai trouvé au sol..il était déjà en train de se décomposer.. "-me yeux se rivent alors lentement sur lui.
"Je voulais montrer à quel point la chose était étrange et j'imaginais que ceux de ma classe seraient surpris .."

"Surpris?"

Je l'observe interloquée, comme si la réponse était évidente.

"Surpris par la vie, par son mode de fonctionnement, par le fait qu'on ne soit pas là pour longtemps. C'est étrange, complètement fou..non? Alors j'ai déroulé le ventre de l'oiseau" Je glousse à l'évocation de ce souvenir "Et certains gamins se sont mis à chialer."

- - - - - - - - - - - - - -

J'ai passé mon ЕГЭ* avec succès. Mes parents n'en reviennent pas.  Ma mère a  pleuré de joie à l'annonce des résultats...je crois qu'elle n'imaginait pas que je réussisse quoique ce soit de concret dans ma vie. Il me plaisait de connaître la vie universitaire. Thom Rudvens, mon fidèle psy, était plutôt pour. Il jugeait que suivre un cursus ordinaire m'approcherait un peu plus de la normalité. Seulement, je n'imaginais moi-même pas à quel point la débauche était étendue au sein de Московский, l'université d'État Lomonossov de Moscou. Le lieu était gigantesque, pareil à une ville. J'ai appris la vie en société, mais surtout les excès. Je suis devenue droguée aux sensations. Il me fallait ressentir à l’extrême. Mes frasques du primaire et secondaire m’apparaissaient  comme de bien piètres essais. L'existence humaine offrait...tant de possibilités. J'ai vite pris goût à  la mode. J'aimais les belles choses, le grandiose, la sensation qu'on pouvait ressentir face à cela...l'argent n'étant pas un problème. J'étudiai à la faculté de langues étrangères, ayant l'espoir de voyager plus tard. Mais surtout, je campai à  d’innombrables soirées étudiantes. Peu timide de nature, j'appris à devenir sociable. Je pris un pied d'enfer à être observée, jalousée : enfin, une parcelle d'humains comprenaient à quel point mon esprit était au dessus, au delà de leur routine. Je traînais majoritairement avec des jeunes dits 'populaires', profitant de leur notoriété, faisant fi de mes petits dons de démagogie pour en tirer avantage. Il s'est vite avéré que je me fichais pas mal des études. Je pensais juste à m'amuser : c'était...comme ressentir sa propre présence sur terre. Je ne pourrais pas l'exprimer autrement.
J'étais devenue bien différente de la Liza сумасшедший, l'enfant étrange et morbide qui faisait peur à ses 'congénères'.

- - - - - - - - - - - - -

Mon père n'est pas rentré ce soir. Il a dit qu'il avait trop de travail, mais peut-être qu'il a une maîtresse. Honnêtement je n'en sais rien. Je n'ai jamais été très impliquée dans la vie de mes parents, je ne suis même pas sûre de ressentir une once d'amour à leur égard. Mais je m'efforce d'en chercher quelques traces en apercevant le visage de endormi de ma mère. Peut être que très très enfoui...on pourrait trouver le vestige d'un sentiment basé sur de l'instinct. L'amour n'est que le résultat chimique de nos hormones, après tout.

J'inspire lentement, toujours face au lit de ma mère. Ce n'est peut être pas le meilleur moment de s'interroger... Est-ce que je serais en train d’hésiter ? Elle se retourne dans son sommeil. Je recule, le regard inquiet..et resserre ma main sur le manche du couteau.

Il faudrait un chapitre entier pour expliquer comment j'en suis arrivée là.
Ma vie a pris un tournant décisif dès le jour où j'ai commencé à étudier sérieusement pour ne pas quitter la fac et ma pseudo vie de débauche. J'étais devenue dépendante du petit paradis que je m'étais créée, et quand, au résultat de mon premier trimestre, j'ai compris que je risquais de quitter le campus si je n'obtenais pas ma licence de langues étrangères, j'ai pris peur. J'ai ouvert des bouquins que je détestais lire, j'ai abandonné plusieurs fêtes apparemment mémorables pour ne pas rater mes premiers cours du matin. Je suis devenue, petit à petit, ce que le système avait attendu de moi. Au fur et à mesure, je n'étais plus satisfaite. Les soirées de débauche que je rejoignais de temps en temps avaient perdu de leur superbe, les expériences devenaient répétitives et je me voyais, là, entre les bancs d'une université que je finirais tôt ou tard par quitter. Les années défilaient, je me mettais à grandir et à en prendre conscience...quel horrible réveil.
Un jour, alors que j'avais roulé seule toute la nuit, dévorée par mes angoisses qui tournaient toujours autour de la raison de mon existence, je n'ai pas été assez vigilante. J'ai grillé un feu et j'ai renversé un piéton.
Je me souviendrais toute ma vie du bruit de la chair sous les roues, du mouvement de la voiture qui passe au dessus d'un obstacle. Mon coeur battait si fort au fond de ma poitrine que j'en avais la tête qui tournait. Bordel de merde, je venais d’écraser un être humain. Les doigts agrippés au volant, le regard fixé sur l'horizon, au milieu de cette petite ruelle dans Moscou où il n'y avait pas un chat, j'ai eu un hoquet de stupeur..continuant ma route sans m'arrêter une seule seconde. Je n'avais pas regardé dans le rétro-viseur, je n'avais pas tourné la tête, seule me revenait en mémoire l'image de cette personne sans visage et de son corps qui heurte l'avant du capot, et du bruit sourd de sa chute, et des pneus qui lui grimpent dessus..par deux fois.
Je n'avais jamais ressenti une sensation aussi intense de toute ma vie...je..

"Liza мой дорогой? que fais-tu debout et...qu'est-ce que tu tiens dans tes mains?"

Le regard un peu fou, je cache le couteau derrière mon dos et me penche vers ma mère.

"Ce n'est rien maman, rien du tout. Je pensais juste à...non" je lui attrape délicatement la main qu'elle vient de tendre vers la lampe.

"N'allume pas la lumière, s'il te plaît."

Je peux sentir son inquiétude, même dans le noir. Je peux la voir aussi un peu...Je soupire, ferme les yeux. Qu'est-ce qui me prend?
Peut-être que je suis devenue ce que les gens appellent une 'malade mentale?" J'ai juste envie de ressentir ça, encore une fois, mais plus fort, plus intensément.

Une piètre excuse me vient soudain en tête.

"Je voulais te voir avant de prendre le train demain matin. Ca fait si longtemps que je ne vous avais plus rendu visite et..je voulais juste t'embrasser avant d'aller me recoucher. Je ne voulais pas te réveiller"

J'ose même sourire avec sincérité, exempt de toute culpabilité...j'ai ce don pour embobiner jusqu'à mes propres parents."

"Oh ma chérie" dit-elle de son accent si propre aux habitants d'Omsk, avant de m'enlacer tendrement.

Le nez dans ses cheveux blonds, je sens son parfum. Je me souviens de moi étant petite, alors qu'elle me portait dans ses bras, grande femme russe élégante et fière, tenant son petit joyaux que les gens qualifiaient d'un peu trop mature pour son âge, d'un peu étrange aussi...Elle ne les avait jamais crus. Oh, elle aurait tellement dû.

D'un coup sec, je lui enfonce le couteau dans le dos. Mon autre main appuie sur sa nuque pour l'empêcher de se détacher de moi.

"Doucement, doucement.." murmuré-je en renforçant mon étreinte sur elle.

Je ne sais pas si elle crie, ou si elle se débat beaucoup, ou combien de coups de couteau je lui enfonce. Je suis comme possédée, en dehors de ma propre enveloppe corporelle.
Mais ce que je peux sentir, par contre, c'est à quel point le muscle est dur à trouer. Je viens même de buter contre plusieurs os, dont une vertèbre  que je viens de taper du plat de la lame. Un liquide chaud coule le long de mes doigts et se répand sur mes mains. Je n'ose pas la regarder, pas encore. Mon oreille collé contre son cou perçoit un bruit de régurgitation discret. Et son pouls...son pouls est un concerto. J'ai les larmes aux yeux. Je ne saurais dire si c'est de bonheur ou non, mais je me sens si bien. J'ai la mort au creux de mes bras.
Et je l'ai provoquée de toute pièce.

Moi.

*équivalent du BAC en Russie


Dernière édition par Liza Korchkov le Sam 2 Aoû - 1:09, édité 38 fois
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Dim 13 Juil - 13:11

Bonjour et bienvenue !   

Je suis contente que tu ai sauté le pas.
Ton personnage semble déjà très intéressant, bon courage pour la suite  :CaMarche: 

pour le bêta-test, ce sujet devrait t'éclairer  Wink 

J'adore l'actrice que tu as choisi, notamment dans shameless.  I love you 

Si tu as la moindre question n'hésite pas à m'envoyer un mp ou à aller faire un tour dans la boîte à question.

J'ai hâte de lire la suite.
Encore une fois Bienvenue  


Dernière édition par Andrée Alix le Dim 13 Juil - 18:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Dim 13 Juil - 15:36

Fiona  cache 
Bienvenue parmi nous  @@ 
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Dim 13 Juil - 16:39

oooh je vois que je suis pas la seule à regarder la série  @@ 
merci pour l'accueil ! Very Happy  ainsi que pour le lien de la bêta, j'irai peut être moi aussi participer au topic une fois validée
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Lun 14 Juil - 13:48

C'est avec plaisir   

Tu peux également venir donner ton avis ici et .

Je suis impatiente de te voir validée !
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Lun 14 Juil - 23:56



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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Mer 30 Juil - 17:49

snif, je vais essayer de vite terminer ma fiche. Je suis désolée, ma fac a eu des soucis avec internet...là je suis pas chez moi, j'ai internet => je continue ma fiche.
sorry pour le retard!
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Mer 30 Juil - 18:37

Salut, merci d'être passé prévenir, bon courage pour finir =)


Dernière édition par Andrée Alix le Ven 1 Aoû - 22:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Ven 1 Aoû - 17:28

Je crois avoir terminé. Fort possible qu'il y ait des incohérences ou des oublis, je suis tellement douée pour ca  Cool 
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Ven 1 Aoû - 22:17

Tu es validé(e)




Bienvenue parmi nous chère psychopathe,
j'ai remarqué quelques erreurs d'inattentions comme, entre autres, un "de" en trop et un accord loupé : "murmuré-je" =>murmurais-je".
Autrement tout est ok, je te valide et je te souhaites un bon jeu.


Toute nos félicitations, tu es officiellement répertorié comme Alpha dans les registres de Moscou. Quelle chance !
Pour débuter comme il se doit sur ce forum, nous t'invitons à visiter ces quelques liens.

Nous espérons que tu passeras un agréable moment en notre compagnie, au moindre problème n'hésite pas à contacter un membre du staff. Et encore toutes nos félicitations de la part de tout le forum.

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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Sam 2 Aoû - 1:10

merci   

(au passage, murmuré-je est la forme au présent, lorsque le verbe est placé avant le sujet...forme peu commune je l'admets, ce n'est donc pas si évident à savoir!  Smile  des bisous! )
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    Sam 2 Aoû - 13:56

avec plaisir.
(effectivement je ne connaissais pas, autant pour moi alors.)

Je déplace le sujet Wink
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MessageSujet: Re: Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls    

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Liza Korchkov - quand viennent les temps des linceuls

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